Je fais le tour, je tourne ; d'un coup d'½il j'embrasse les environs .
D'abord,
Y'a la sainte créatrice. La reine de tous les petits atomes de la vie.
La maîtresse, le cul sur son trône délabré, s'en est allée s'affaisser dans un autre monde. Chaque jour un peu plus, elle se laisse côtoyer par le Désespoir ; et les plaintes ont remplacé les sages ordres, les conseils qui éduquent, les baffes qui forgent.
Ensuite,
Y'a le respecté directeur. Le grand président, tantôt dur mais toujours juste, responsable de l'éducation comme d'une nation.
C'est qu'il a lâché ses armes, le guerrier : une nuit, chargé de veiller, il s'est endormi ; absorbé par un rêve fait de compagnes toutes tarées, il ne s'est plus jamais réveillé.
P'is,
Y'a l'ami-frère, l'amant-musclor. L'étoile qui brille, l'astre qui guide ; tantôt acteur, tantôt témoin des aventures.
On a planté des clous dans sa confiance en la vie. Alors, déjà pas bien sage, il se remplit toujours plus les poches de trésors à s'enivrer, pour oublier qu'à l'intérieur ça s'entasse et ça pue et ça pourrit et ça déborde. La plupart du temps, tu peux le trouver dans le monde parallèle là, juste à côté. Le vent dans les cheveux, la fumée qui sort par les trou de nez.
Et après, y'a tous les autres. Y'a tous les bons, tous les cons. Et p'is y'a tout qui se casse la gueule, y'a l'entourage qui tourne bel et bien en rond.
Y'a l'innocence en fumée qui s'envole, y'a le sol qui se fissure et les murs qui craquèlent, y'a la solitude qui de ses griffes nous cajole, y'a les jolies fleurs du printemps qui crèvent et sont plus belles, d'une épidémie mystérieuse on sait pas trop comment.
Y'a comme des cris et des larmes qu'on retient secrètement, pas du tout discrètement
et y'a tous leurs sourires verts, jaunes, violets ;
leurs faces qui font toutes semblant
on meuble les mots d'un joli blanc
et à l'intérieur ...on est tous, tous, tous
blêmes . sang-blanc .